Dans ses installations et interventions, Mathieu Beauséjour fait usage des codes du langage révolutionnaire pour interroger la manière dont il peut être réactivé dans le contexte sociopolitique et économique contemporain. Le détournement artistique et conceptuel qu’il opère à partir des traces d’une ferveur passée, traduit une double volonté d’en éprouver les effets subsistants à l’ère post révolutionnaire et de réactualiser un désir sociétal de changement toujours vif, en regard du système capitaliste souverain actuel.

La démarche de Mathieu Beauséjour se maintient cependant à l’écart de toute exploitation activiste de l’art par la politique (et réciproquement). Il lui préfère une pratique du décalage où les effets de ces deux champs de force se confrontent dans un jeu d’hommage ironique et de référencement critique.

Mathieu Beauséjour s’inspire notamment dans son travail d’une référence incontournable dans la démarche d’émancipation opérée par une partie du milieu intellectuel québécois, durant la période d’après guerre, pour contrer le dogme catholique et le parti conservateur de Maurice Duplessis soucieux de maintenir un monde de traditions et de contraintes morales : Le refus global, manifeste artistique signé par Paul-Emile Borduas, est publié à Montréal par les Automatistes en 1948 dans une première édition limitée à 400 exemplaires dont la circulation fut immédiatement interdite par les instances du pouvoir de l’époque.

Se pose la question d’une résonance actuelle de ce discours libérateur face à la nouvelle religion capitaliste et la mondialisation en cours.

Mathieu Beauséjour est principalement connu pour son opération d’estampillage de billets de banque, Survival Virus de survie (1991-1999), dont les « Rapports annuels » et autres productions connexes ont fait l’objet de plusieurs expositions individuelles.

Son travail a été exposé au Canada, en Colombie, France, Grande- Bretagne, Allemagne et Serbie. Il a reçu une distinction du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des Arts et des Lettres du Québec. Il a effectué des résidences à Paris en 2000 (Centre culturel canadien / Quartier Ephémère) et à Londres en 2004 (Conseil des Arts du Canada / SpaceStudios) et plus récemment il a obtenu le prix Giverny Capital 2009-2010. Son travail a fait l’objet d’essais dans de nombreuses publications et magazines d’art.

Stéphanie Dauget

MATHIEU BEAUSÉJOUR

Né en 1970, vit et travaille à Montréal, Canada.



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Oeuvres disponibles Mathieu Beauséjour 2015